Owen&Krystal – Rowina Mno-Fried, personnage secondaire

Bonjour ! Aujourd’hui, j’aimerai vous présenter un personnage secondaire de mon projet d’écriture phare Owen et Krystal, j’ai nommé : Rowina.

Rowina, c’est un personnage un peu spécial. Je vous ai déjà parlé du NaNoWriMo, assez succinctement, et sans entrer dans une myriade de détails. La communauté a inventé pas mal de petit truc pour aider à se débloquer, en cas de page blanche. L’un de ces trucs, c’est la Pelle Itinérante de la Mort qui Tue, rien que ça. Itinérante pare qu’elle se déplace de NaNo en NaNo, et qu’elle tue quelqu’un (en général un perso principal ou principalement secondaire), je vous mettrais un jour ce que j’ai écris dessus :). Un autre truc, c’est l‘anagramme de NaNoWriMo. J’ai choisis bien avant de connaître cette page, et comme je n’aimais pas trop juste « Mno », ou « Mon », ou « Nom », uniquement, en nom de famille, j’ai rajouté quelques lettres 🙂

Donc, Rowina Mno-Fried. Rowina est la meilleure amie de Shara, un autre personnage secondaire (mais important). Shara est le personnage type du Mentor qui envoie les héros en quête. C’est la Grande Prêtresse de ce monde, choisie par les Dieux, elle possède deux gardes du corps, eux aussi choisis par les Dieux. Et Rowina est là, elle qui n’est qu’une humaine qui n’a pas été choisie par les Dieux pour épauler Shara. Elle a reçu tout de même une grâce divine, car elle beaucoup plus vieille et mieux conservée que ce qu’un humain pourrait vivre.

Dans la scène que je vais vous donner à lire, il y a des combats, des gens essaient de tuer la Grande Prêtresse, et Rowina s’interpose par hasard (ou volonté divine?) entre Shara et une flèche. Et Shara se souvient de sa rencontre avec son amie.


Une nuit alors que Shara venait de prendre ses fonctions depuis peu, alors qu’elle connaissait encore très mal les temples de la plus grande capitale humaine, elle se réveilla. Elle n’était pas encore avec Lahan à cette époque. Elle se réveilla seule dans sa chambre un peu froide. Ce n’était pas encore l’hiver, mais il avait commencé à faire froid et même à neiger un peu. L’hiver arrivait et il serait rude.
Elle ne sut pas ce qui l’avait réveillée. Elle n’avait pas faim, pas trop froid, pas envie de se vider la vessie. Elle n’entendait rien au dehors de sa chambre. Mais pourtant quelque chose la poussait à sortir de son lit, à sortir de sa chambre, à sortir de l’aile des appartements. Elle était attirée par quelque chose, elle ne savait trop quoi. Elle ne s’étonna même pas que Lahan ne fusse pas encore éveillé pour la protéger. Il l’avait fait ces deux dernières nuits alors qu’elle souhaitait juste se rafraîchir. Quand elle lui avait demandé à ces moment-là ce qui l’avait réveillé, il était à chaque fois incapable de le dire, mais il l’avait sentie éveillée alors ses yeux en avait fait de même. Lahan tâtonnait encore avec son rôle de gardien.
Avec plus d’étonnement encore, elle vit Eliwyn qui sortait de ses appartements alors qu’elle passait devant la porte.

— Qu’est-ce que vous faites debout à cette heure? Et sans escorte? Où est Lahan?
— Peut-être a-t-il un peu de sommeil a rattrapé vu qu’il s’est éveillé ces deux dernières nuits alors que je n’étais pas en danger. Ou alors les dieux veulent que tu m’accompagne et non pas Lahan. Qu’en sais-je?
— C’est vous la grande prêtresse.
— Tu te méfie encore de moi Eliwyn.
— Je me méfie parce que je ne vous connais pas. Mais en même temps il y a ce sentiment de plénitude quand je vous vois. Comme avec… comme…
— Ne le dis pas si tu ne veux pas le dire. Je sais que c’est douloureux pour toi. Ils m’ont dit ce qu’ils avaient fait. Ils m’ont dit aussi que tu avais le droit de les détester, mais que tu comprendrais pourquoi ils l’avaient fait.
— Ça ne me rassure pas pour autant.
— Viens.

Et Eliwyn suivit. Et il sourit. Il comprenait ce que les dieux cherchaient à faire présentement. Les rapprocher. Bien sûr il se méfiait d’elle. Enfin, non, pas tellement. Ce n’était pas sa faute à elle si lui avait été choisi pour la seconder dans ses tâches. Ce n’était pas sa faute à elle si les dieux avaient décider de le couper lui de son lien avec celle qu’il avait aimé pendant une centaine d’année, celle avec qui il était Lié. Avec un grand L. Le genre de lien pour lequel si l’un mourait, l’autre mourrait également.
Les pas de Shara les conduisirent jusqu’à la grande salle des statues, la grande salle dans laquelle les statues des sept dieux principaux avaient été érigées en leur honneur. Shara ouvrit les deux lourdes portes en grand, ce que faisait d’habitude deux gardes posté là quand elle venait pour les cérémonies. S’ouvrant lourdement, les grandes portes les empêchèrent d’abord d’entendre. Puis ils distinguèrent quelques sons. Ténus d’abord, puis ils entendirent mieux. Des pleurs. Quelqu’un pleurait.
Shara chercha des yeux l’endroit d’où provenait les sanglots. Elle vit devant la statue d’Eoher une petite forme recroquevillée. Elle s’approcha, mais la forme recula. Elle s’approcha encore. La forme se prit les pieds de la statue. Shara avança encore. Et elle put voir que la forme à terre était en fait une petite fille. Quel âge pouvait-elle avoir? 10 ou 12 ans, pas beaucoup plus.
Shara s’agenouilla pour être à la hauteur de la petite fille. Elle tendit une main, paume vers le haut. La petite fille la regarda. Ses yeux étaient bleus. Ses joues étaient creusée par la faim, son visage sali par la pauvreté, ses cheveux crasseux par l’insalubrité de l’endroit où elle devait vivre. Les temples étaient au centre de la ville, la ville s’était construite assez régulièrement autour des temples, mais il y avait toujours un quartier pauvre et un quartier riche, au moins. Et cette petite semblait venir du quartier pauvre.

— N’aie pas peur. Je ne te ferais pas de mal.
— Je suis désolée madame, je vous demande pardon madame, je n’avais pas le droit d’enter madame, je suis désolée, mais mon petit frère est malade, madame, je venais demander aux dieux de le sauver. Je suis déso…
— Chut. Viens. On va manger un peu. Tu as faim non?
— Oui m’dame, mais si je peux avoir à manger j’aimerai mieux pouvoir en ramené à min petit frère.
— Tu auras à manger et ton petit frère aussi. Viens.

Shara se releva, sa main tendue vers la petite fille. La petite hésita un instant, elle regarda Shara, elle vit Eliwyn derrière, elle regarda de nouveau Shara qui lui souriait doucement. Elle prit sa main et se releva. La grande prêtresse, qui présentement était juste une jeune femme se préoccupant d’une petite fille pauvre, les mena jusqu’à la cuisine. Elle fit asseoir la petite fille, vérifia ce qu’il y avait dans la marmite et entreprit de relancer le feu dans l’âtre pour réchauffer le ragoût qui restait.

— Madame, ce n’est pas à vous de…
— Shara, Eliwyn, Shara. Je te l’ai déjà dit. Je te le répèterai jusqu’a ce que tu le dise naturellement. Et il n’y a personne dans cette cuisine pour donner à manger à cette petite et aux dernières nouvelles je ne suis pas un de ces nobles qui ne savent même pas s’essuyer les fesses sans avoir besoin d’un serviteur.

Eliwyn commençait a entr’appercevoir la personnalité de Shara cachée sous la couche de timidité quand elle devait accomplir son devoir. Elle donna d’abord une petite miche de pain à la petite fille.

— Quand le ragoût sera réchauffé, tu auras plus, mais pour le moment, ne te gave pas de pain si tu veux pouvoir manger un peu de chaud. Est-ce que tu veux bien m’expliquer ce qui se passe?
— Madame, mon petit frère est malade, je viens du quartier ouvrier, Merse. Vous savez, là bas, on mange pas tout le temps. Mais comme mon frère est malade depuis quelques jours, je suis obligée de voler pour lui donner assez à manger.
— Et je suppose que tu ne mange pas, toi.
— Non, je ne peux pas, à chaque fois je récupère juste ce qu’il faut pour mon frère. Mais je ne peux pas trouver de médicaments pour lui. Je ne sais même pas ce qu’il a, et je ne peux pas payer un guérisseur, je n’ai pas d’argent.

Elle engloutit une portion de pain comme si on allait le lui voler.

— Je suis venue pour demander directement de l’aide aux dieux. Je suis venue parce que je crois que depuis le Merse ils ne m’entendent pas. J’ai pensé qu’ils allaient mieux m’entendre si je venais directement les voir.
— Je suis sûre qu’ils t’entendaient aussi bien de chez toi, mais tu sais, les dieux sont très occupés. Même à moi ils ne parlent pas tout le temps. Même moi je dois attendre pour avoir les réponses à mes questions. Et pourtant, je suis leur grande prêtresse.
— Oui, je sais. Enfin, je sais qui vous êtes. J’étais là quand la procession est passée pour vous présentée. Je vous ai vu, vous étiez jolie. Mais vous n’étiez pas… c’est comme si vous n’aviez pas été là où vous vouliez être.
— Il est certain que j’aurai préféré continuer ma vie comme elle avait commencé, j’étais fille de boulanger, j’aurai bien aimé le rester. Je suis devenue la grande prêtresse des dieux pour tout le continent et tu n’imagine pas le nombre de choses qui me sont tombées dessus. Et pas une seule réponse pour m’éclairer. Et pourtant, je demande tout le temps “pourquoi moi?”. Je ne sais même pas si les dieux ont une réponse à cette question.
— J’ai déjà entendu des gens dire ça : “pourquoi moi?” mais ils n’étaient pas devenu la grande prêtresse.
— Tiens, je ne connais pas ton nom, quel est-il?
— Je m’appelle Row’na. Mais ça s’écrit Rowina.
— Tu sais écrire?
— Je sais écrire mon nom. Et je sais reconnaître les lettres. C’est mon papa qui m’a appris. Mais il n’a pas eut le temps de finir de m’apprendre à lire.
— Rowina, si j’essaie d’aider ton frère, est-ce que vous voudrez bien venir vivre ici?
— Ici? Avec vous madame? Non, il ne faut pas. Enfin, nous n’avons pas le droit, on est des pauvres!
— Oui, je sais. Et je l’étais aussi avant. Oh sans doute un peu moins que toi, mais je l’ai été. Et si je ne recueille pas de pauvres enfants qui n’ont plus de parents, qui serais-je pour être la grande prêtresse?
— Madame, ça serait vraiment bien.

Shara invita la petite à dormir d’abord. Puis le lendemain elle la fit laver et habiller convenablement. Elle commanda à son guérisseur personnel de venir avec elle voir le petit frère de la petite fille.
Il avait survécu à sa nuit passée seul, mais le médecin n’était pas très rassuré quant à la suite de son état. Il pensait qu’il n’allait pas tenir plus de quelque jours.
Shara le fit ramener aux temples. Elle fit garder leur maison, la fit nettoyer et l’offrit à un couple de pauvre avec un bébé qu’elle avait rencontrer un la veille et qui avaient besoin d’un nouveau logement.
Malheureusement, le petit frère ne survécut pas longtemps comme l’avait prédit le médecin. Mais Rowina n’en voulut pas à Shara. Elle ne lui en voulut pas de lui avoir dit qu’il pourrait très certainement ne pas survivre. Elle ne lui en voulut pas quand elle lui avoua que si elle lui avait proposé cela c’était parce qu’elle se sentait seule et qu’elle voulait de la compagnie.
Elle donna une éducation à la petite fille, elle compléta elle-même son enseignement des lettres. Elle lui appris à compter et à écrire correctement. Elle ne lui dénia jamais le droit de s’en aller, de s’échapper une heure, deux heure, un jour, une semaine. Shara savait qu’elle reviendrait toujours. Car elle lui était redevable. C’était ce que Rowina pensait. Qu’elle lui était redevable. Aussi elle revenait toujours, même si elle essayait parfois de voir si elle ne pouvait pas reprendre son ancienne vie d’avant.
Plus Rowina grandit plus Shara se confia à elle. C’est Rowina qui fut la première à savoir quel était le secret de Lahan. C’est elle qui sut la première, qui vit la première que Shara était tombée amoureuse de Lahan et qui refusait de l’admettre. C’est elle qui dit à Shara de se lancer car le loup-garou ne voudrait jamais le faire, parce qu’il avait trop honte de ce qu’il était.
C’était elle qui avait été sa confidente pendant toute sa vie. Une vie qu’elle avait demandé aussi longue que la sienne aux dieux. Peut-être avait-elle été orgueilleuse de croire qu’une petite humaine pouvait vivre près de 190 ans. Peut-être était-ce sa faute si maintenant dans ses bras, elle revoyait la petite souillon qu’elle avait recueillit, une petite souillon qui avait bien grandit, qui était maintenant une belle vieille femme. Une belle vieille femme avec une flèche en plein coeur.
Et Shara hurla. Elle hurla son désespoir. Elle hurla sa peine et sa douleur. Elle hurla à s’en déchirer la gorge. On venait de tuer sa meilleure amie. Les meurtriers ne connaîtraient pas la paix. Elle le jurait sur les sept dieux et sur leurs enfants.


Je suis émotionnée par mon propre texte, c’est pas souvent. J’espère que ça ne vous a pas laissé de marbre (sinon ça veut dire que j’ai raté le truc). Cette scène est importante pour la suite de l’histoire de Shara, qui va faire son propre voyage, en même temps que les héros, mais avec un but différent.

Voilà, j’espère que vous avez aimé. N’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, si j’ai laissé des fautes, s’il y a des choses que vous ne comprenez pas (j’ai pu raté des explications, mais il y en a aussi qui sont déjà faites, c’est tout le problème de vous offrir une scène qui prend place dans un tout un peu plus grand), etc.

Merci d’avoir lu 🙂

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